Les prés de fauche du Queyras, un écosystème façonné par l’homme


Les prés de fauche du Queyras, un écosystème façonné par lâhomme

Voici l’automne, les troupeaux descendus des alpages viennent pâturer les prés qui ont repoussé après la coupe de l’été. Bientôt recouverts de neige, ils émergeront le printemps prochain pour foisonner à nouveau. Je vous emmène à la découverte de la richesse des prés de fauche du Queyras !

En me baladant autour du village d’Arvieux au printemps, j’avais admiré l’éclosion des fleurs  et le ballet des insectes et des oiseaux qui trouvent gîte et couvert dans les prés. Regarder, sentir, observer la prairie reprendre vie et exploser de senteurs : sainfoin, avoine dorée, renouée bistorte, centaurée… entendre bourdonner la multitude d’insectes pollinisateurs, virevolter les apollons et les azurés et apercevoir les couples de tariers des prés se faufiler dans les hautes herbes. Le petit peuple de l’herbe s’est donné rendez-vous dans ces près de fauches pour un festin de printemps ! Une véritable farandole de couleurs à venir admirer avant l’été sur les sentiers du Queyras. Mais attention de ne pas quitter ces sentiers pour ne pas coucher l’herbe ! La fauche n’en serait que plus compliquée.

En ce début d’automne, les prés de fauche sont à l’honneur lors de la fête de la Saint Mathieu. Cette grande foire agricole d’automne et fête du Parc est l’occasion de la remise des prix du concours national des prairies fleuries qui récompense les bonnes pratiques agri-écologiques appliquées par les agriculteurs sur leurs prés. J’y rencontre Fréderic Buès, éleveur de Ristolas et lauréat local de la 4éme édition du concours. Il me raconte qu’il reste un millier d’hectares encore fauchés par une trentaine d’agriculteurs du territoire. Sans eux, les abords des villages  n’offriraient pas ce merveilleux cadre de vie et la forêt aurait repris ses droits sur les prés. Etalés  de 1200 à 2000 m d’altitude, ces petites prairies inclinées des flancs de montagne ne sont pas évidentes à faucher : il faut travailler à la motofaucheuse pour s’adapter à la pente hétérogène, nettoyer les zones à avalanche des bois emportés, et prévenir du piétinement des foins par les randonneurs heureux de profiter de cette vue dégagées pour leur pique-nique ou bivouac ! C’est à ce prix que ce bon foin de montagne sera le régal les vaches, des brebis et des chèvres  pendant la longue période d’hiver en étable.

Le Parc naturel régional s’engage depuis plusieurs années à encourager le maintien de cet écosystème, à travers notamment les mesures agro-environnementales.  Afin de valoriser les prés de fauche sur son territoire, il participe au concours agricole national des prairies fleuries et conduit également un projet de recueil de savoirs écologiques paysans liés aux prés de fauche.

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