La coopérative ôkhra défend les couleurs du Luberon

Avant la visite des mines de Bruoux à Gargas, dans quelques semaines, j’ai décidé de commencer ma découverte des ocres par l’usine Mathieu à Roussillon où ôkhra, une coopérative culturelle, développe depuis 1994, le Conservatoire des ocres et de la couleur.

S’il est un pays aux mille couleurs, c’est celui du pays d’Apt, région de tradition ocrière depuis 1785.  A cette époque, à Roussillon, un  certain Jean-Etienne Astier, invente un système pour laver l’ocre, ce pigment argileux qui va du jaune au rouge. De 1880 à 1930, on compte jusqu’à 25 usines de production faisant vivre un grand nombre d’habitants. L’industrie ocrière bat son plein et les terres rougeoyantes surgissent de toute part. L’usine Mathieu participait elle aussi de cette industrie qui a fourni au monde  entier cette variété unique de teintes en pigments naturels.

Aujourd’hui, l’usine Mathieu est devenu le Conservatoire des ocres et de la couleur. Le lieu est sublime pour celui qui aime le patrimoine industriel et technique mais aussi pour tous les amoureux de l’art qui découvriront des expositions et toute une série d’explication sur le travail des pigments et sur la couleur. C’est aussi un lieu pratique où l’on apprend à fabriquer sa peinture, sa teinture, son enduit à partir de produits naturels et sains pour la santé. Personnellement, j’ai particulièrement aimé fabriquer mon aquarelle avec de la gomme arabique, appliquer de la peinture à la farine sur le bois et colorer mon badigeon de chaux.

Totalement séduite par la visite des lieux, j’ai pris rendez-vous deux mois plus tard pour une formation avec un artisan à la réalisation d’un badigeon, un vrai, fait à l’ancienne. Ces stages existent tout au long de l’année. En attendant et pendant les vacances scolaires, je reviendrai avec les enfants pour qu’ils découvrent aussi les ateliers du Conservatoire.

Avant ou après votre visite de l’usine Mathieu, découvrez le village de Roussillon et le Sentier des ocres, haut lieu classique du Luberon, mais au plaisir chaque fois renouvelé, surtout hors saison quand les lieux n’appartiennent qu’à vous.

Le riz de Camargue : à découvrir sans restriction

La production du riz est généralement associée à l’Asie avec les images de rizières où des personnes courbées repiquent les semis dans des grandes étendues de plaines inondées. Pour découvrir la culture du riz pas besoin d’aller si loin, la Camargue est le premier producteur français de riz. Les rizières s’étendent sur près de 20000 ha, façonnant des paysages liés fortement à la gestion de l’eau, venant de la mer ou du delta du Rhône. Cette culture, respectueuse de l’environnement, bénéficie désormais d’une IGP (Indication géographique protégée), gage de qualité européen, et de nombreuses exploitations sont en agriculture biologique.

Si la culture du riz s’est développée au 19ème siècle, les premiers champs firent leur apparition à la fin du 16ème siècle sur ordre d’Henri IV. Aujourd’hui, les variétés se sont diversifiées. Oriza Sativa, Indica, Zizania Aquatiqua, Japonica ou riz sauvage, reconnaissable à sa couleur noire et à sa forme très allongée, sont autant d’espèces originaires des quatre coins du monde, cultivées en Camargue. Mais le riz rouge reste sans aucun doute le riz le plus caractéristique du delta du Rhône – il accompagne souvent la gardianne de taureaux, autre mets local.

La riziculture est devenue la première production locale et l’un des piliers de l’économie du territoire. Elle a pris son élan avec le plan Marshall qui finança la réalisation d’importantes infrastructures hydrauliques et l’équipement en matériel indispensables à une riziculture mécanisée. Ce développement a obligé à assécher certaines terres et domestiquer l’eau pour organiser un réseau hydraulique, permettant ainsi à l’agriculture dans son ensemble de se développer. Par ailleurs, ce type de culture inondée favorise la désalinisation des terres, croissante à mesure que l’on s’approche de la mer, mais néfaste pour les productions agricoles.

Un bon moyen pour prendre la mesure de l’importance de cette culture sur le territoire du Parc naturel régional de Camargue est encore de profiter de l’accueil proposé par certains riziculteurs sur leur exploitation. L’autre approche se trouve dans l’assiette, chez les restaurateurs locaux qui ne manqueront pas de vous en proposer.

Vous pouvez venir découvrir les secrets de la riziculture en Camargue au Musée du Riz au Sambuc à Arles qui vous dévoilera l’histoire, la culture et les techniques d’exploitation du riz.